Dernier départ sur le GR34, avec un petit pincement au cœur. Ma sœur m’accompagne pour cette ultime étape jusqu’au pont de Saint-Nazaire, et nous partons de chez moi alors qu’il fait 6 °C. Le soleil automnal éclaire « ma » plage de reflets dorés.


Nous terminons la traversée de la plage de Sainte-Marguerite en direction de la pointe de Chemoulin, en suivant la côte rocheuse, une succession de pointes et de petites criques.


De criques en pointes, jusqu’à Saint-Marc-sur-Mer
À la pointe, nous prenons la direction de Saint-Marc-sur-Mer, célèbre pour sa plage de Monsieur Hulot, où Jacques Tati tourna en 1951 « Les vacances de Monsieur Hulot », sur la plage et dans l’hôtel de la Plage.
Ensuite, le sentier parcourt les falaises, de crique en crique, et permet d’apercevoir de nombreuses villas de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle.




Le chemin est partiellement côtier, car de nombreux éboulements plus ou moins récents ont détérioré la falaise.
Mémoire de guerre et phares de la côte
Après la plage de la Courance, de nombreux blockhaus, derniers témoins du mur de l’Atlantique, se dressent encore. Puis, on découvre le phare de l’Aiguillon, à la pointe de l’Ève, surmonté d’une plate-forme métallique circulaire.
De nombreuses pêcheries avec carrelet subsistent le long de la côte jusqu’à la plage du Porcé.



Dernier pique-nique sur le GR34
Nous faisons la pause pique-nique juste avant la plage de Villès-Martin, sur un banc sous les pins face à la mer.
Dernier pique-nique…
Le pont se rapproche
Nous repartons pour les derniers kilomètres alors que le pont de Saint-Nazaire se dessine à l’horizon et se rapproche peu à peu.

Des bateaux se présentent pour rentrer au port, tandis que la mer et l’eau de la Loire se mélangent.

Saint-Nazaire, entre histoire et industrie
Le GR34 longe la rade de Saint-Nazaire où se dresse le « Sammy », le Monument américain. Il représente un soldat brandissant une épée sur un aigle, symbole de liberté. Érigé en 1926 pour commémorer l’arrivée des troupes américaines en 1917, détruit en 1941 puis reconstruit à l’identique en 1989, il célèbre l’amitié franco-américaine et la Libération.

Un peu plus loin, trois sculptures, dont un pied nu, ponctuent la promenade.

La fin du parcours prend alors un tout autre visage : nous traversons le cœur des chantiers de l’Atlantique, avec leurs bâtiments immenses et leurs bassins démesurés.
Saint-Nazaire fait partie des rares villes — ou plus exactement des rares ports — pouvant se targuer d’avoir accueilli Tintin, mille sabords !
Une séquence de l’album « Les Sept Boules de cristal » s’y déroule, lorsque Tintin enquête sur la disparition du professeur Tournesol, victime d’un enlèvement mystérieux.

Nous franchissons une écluse fortifiée, puis passons devant l’Orient Express Corinthian, futur plus grand voilier de croisière au monde. Construit aux Chantiers de l’Atlantique, il allie voiles rigides géantes, propulsion hybride et luxe à la française. Un géant des mers qui incarne le retour de la voile dans le maritime du XXIᵉ siècle.


Quelques mètres encore… et nous rejoignons le poteau d’arrivée du GR34.


L’arrivée
De nombreux amis se sont déplacés pour m’accueillir et fêter cette belle aventure ensemble.
Bouquets de fleurs, médaille, coupe, biscuits, pancartes… quel bonheur !
Merci les amis, merci à tous ceux qui m’ont suivie, qui m’ont soutenue. 💙
Arrivée au pont de Saint-Nazaire, une vague d’émotion m’envahit : la joie d’être allée au bout, la fierté d’avoir tenu, et déjà le manque du sentier. Demain, pas de départ. L’aventure s’arrête ici… mais mon cœur, lui, marche encore un peu.

Distance parcourue : 18 km
Le chemin derrière moi
Après six années à suivre pas à pas le littoral breton, me voilà arrivée au pont de Saint-Nazaire — terme de 110 jours de marche, 2 300 km et 18 000 m de dénivelé cumulé.



