C’est une première pour moi — et sans doute la seule fois de tout le GR34 : je pars à la lampe frontale de chez moi pour aller prendre le bus qui doit me déposer à Guérande, afin de reprendre le sentier là où je l’ai quitté hier soir.
Il fait moins froid qu’hier matin, mais je préfère partir bien couverte, avec bonnet, écharpe et gants.
À l’arrêt de bus, une quinzaine de collégiens et lycéens attendent, casque vissé sur les oreilles ou oreillettes dans les oreilles, les yeux rivés sur leur smartphone. Je fais un peu extra-terrestre avec mon sac à dos, mes chaussures de randonnée et Pépère, mon fidèle compagnon de route, ainsi que mes bâtons dans les mains.
Des marais salants aux villages de pierre
Au départ de Guérande, je traverse la ville fortifiée et retrouve le sentier un peu plus bas, dans les marais salants. Hélas, le GR34 suit la départementale, très fréquentée et sans séparation ni protection : je marche sur le bord de la route.

J’enfile les kilomètres de bitume en observant les oiseaux dans les marais, bien moins dérangés que moi par le flot continu de voitures.






Je traverse Saillé, longe les coopératives de sel de Guérande jusqu’à la gare du Pouliguen, puis poursuis en direction de Batz-sur-Mer.




Le centre-ville de Batz-sur-Mer est charmant, avec ses petites maisons, l’église Saint-Guénolé et les ruines de la chapelle du Mûrier.
L’église Saint-Guénolé, remarquable exemple du gothique breton, domine les marais salants de sa haute tour-lanterne. À l’intérieur, elle abrite de véritables œuvres d’art, dont la célèbre statue de Notre-Dame du Précieux Sang et de superbes vitraux retraçant les grands épisodes de l’histoire religieuse de Batz-sur-Mer.

Édifiée au XVe siècle dans un élégant style gothique flamboyant, la chapelle du Mûrier se distingue par l’harmonie de ses lignes et ses dimensions généreuses. Construite en remerciement après une épidémie de peste, elle est aujourd’hui à l’état de ruines, suscitant toujours la curiosité des visiteurs.



Vers la côte sauvage du Croisic
Je fais la pause pique-nique après la plage Saint-Michel, sur une table à l’ombre, alors que le soleil commence à bien chauffer malgré le vent encore bien frais aujourd’hui.




Toujours sur le bitume, le chemin n’a que peu d’intérêt jusqu’à la côte sauvage du Croisic, que je connais bien pour l’avoir parcourue maintes fois.


Le GR34 fait le tour de la presqu’île du Croisic. Il débute sur la côte faisant face à la pointe de Pen-Bron, un secteur que j’ai parcouru il y a hier après La Turballe. Le sentier longe d’abord la chapelle du Crucifix. D’origine ancienne et encore mystérieuse, cette chapelle au décor gothique flamboyant est attestée dès le XVIᵉ siècle. Utilisée comme lieu de procession puis transformée après la Révolution, elle a été restaurée à plusieurs reprises. Elle est inscrite aux Monuments historiques depuis 1952.

Près du centre touristique du Croisic, je passe devant la statue de Pierre Bouguer, illustre scientifique français, né au Croisic en 1698 et membre de l’Académie des sciences. Il participa à la mission géodésique française en Équateur, chargée de mesurer un arc du méridien afin de déterminer la position de l’équateur terrestre.



J’ai plaisir à revoir la côte déchiquetée à partir de la jetée du Tréhic : Port aux Rocs, la pointe du Croisic, le rocher de l’Ours, le menhir de la Pierre Longue…
Avant d’arriver à la pointe du Croisic, on découvre le Domaine de Port aux Rocs, un vaste village vacances installé dans un parc face à l’océan. L’architecture est typique des constructions littorales de la seconde moitié du XXᵉ siècle.


Au bord du chemin, on peut remarquer un rocher en forme de tête d’ours. La légende raconte que le rocher de l’Ours viendrait d’une contrée lointaine, rapporté par d’audacieux marins du Croisic. Saisi par la beauté de la côte sauvage, il serait resté figé sur place, condamné à contempler l’océan pour l’éternité.


Autrefois dressée sur une hauteur dominant la côte sauvage du Croisic, le menhir de la Pierre Longue servait d’amer pour la navigation et était visible de loin. Elle fut redressée en 1766 après une chute accidentelle, puis abattue durant la Seconde Guerre mondiale pour la construction de blockhaus. Elle ne retrouva sa place actuelle que dans les années 1960 et est classée monument historique depuis 1889.




Après avoir fait le tour de la presqu’île du Croisic, je rejoins la plage Valentin où je quitte le GR34 pour prendre le bus qui me ramène chez moi.
La fin de l’aventure approche
Il me reste moins de 50 kilomètres avant l’arrivée : la fin de l’aventure approche à grands pas… enfin, au rythme de mes pas !
Distance parcourue : 25km

